Gauche

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Camp politique.

Le paysage politique dépend de l’histoire de chaque pays ; en France, la polarisation entre la gauche et la droite est particulièrement forte et exprimée.

Formée à la fin du 19ème siècle, la gauche française s’est moins définie dans son rapport à l’économie, que dans sa vision de la société. Elle tire ses fondements idéologiques du programme de Belleville, énoncé en 1869 par Léon Gambetta : l’application large du suffrage universel, la liberté d’association, la suppression du budget des cultes, l’instruction laïque obligatoire en sont les principaux axes.

La gauche apparaît formellement durant l’affaire Dreyfus, et se matérialise sous le « bloc des gauches », alliance des radicaux et des socialistes, qui prend le pouvoir en 1902. La séparation de l’Eglise et de l’Etat, face à une droite républicaine conservatrice, attachée aux traditions catholiques de la vie française, fut sans conteste le grand acte fondateur de la gauche française.

Si le camp politique se définit généralement, dans l’imaginaire collectif, par son programme économique, c’est parce que les représentants politiques déclarés de la classe ouvrière, socialistes puis communistes, se sont toujours inscrits à gauche dans la polarisation sociétale de la politique. Néanmoins, la sortie du capitalisme pour le socialisme, ou même la défense des travailleurs face au grand patronat, n’ont jamais été le liant principal de ce bord politique.

Durant la première partie du 20ème siècle, la gauche a été dominée par les radicaux, qui ont toujours affirmé leur attachement au système capitaliste. Il est vrai que, sous la poussée des partis prolétariens et du mouvement ouvrier, leur chef Edouard Daladier a prononcé un fameux discours sur les deux cents familles en 1934 – il est vrai aussi que le même Daladier, reprenant sa place de président du Conseil après le Front populaire en 1938, choisit de « remettre la France au travail » en rétablissant la semaine de 48 heures, et créa parallèlement les camps d’internement pour les réfugiés républicains espagnols.

Sous la IVème République, alors que le Parti communiste français était le premier parti de France, la gauche se divisa : les socialistes et les radicaux optèrent pour constituer la « troisième force » avec les chrétiens-démocrates du centre-droit. Sous la Vème  République, les radicaux devinrent une force résiduelle, tandis que socialistes et communistes choisirent de s’unir électoralement. Cette stratégie, de l’ « union de la gauche » à la « gauche plurielle », permit aux premiers de devenir la force largement dominante de ce camp politique.

Prenant le pouvoir national à quatre reprises, à la tête du pays durant dix-huit années depuis 1981, le Parti socialiste mena ses réformes les plus emblématiques sur les questions sociétales, conformément à la tradition historique de la gauche française. L’abolition de la peine de mort et des tribunaux militaires, la libéralisation de l’audiovisuel, la loi Jospin sur l’Education nationale, le quinquennat ou le mariage civil pour les homosexuels sont les principales réformes menées par la gauche. Sur les questions économiques, la gauche a pris des mesures comme la cinquième semaine de congés payés ou le passage aux 35 heures, revendications de longue date du mouvement ouvrier et objets de négociations avec les communistes pour constituer les alliances de pouvoir. Cela étant, le gouvernement qui a le plus privatisé durant la Vème est celui de la gauche plurielle, et la dominante socialiste n’a jamais remis en question son soutien à une construction européenne sur des bases capitalistes ; sur les fondements du rapport à l’économie, la gauche et la droite se rejoignent régulièrement.

Aujourd’hui encore, la gauche entend se démarquer avant tout par son refus des traditions morales de la France, alors que la droite, de l’UDI aux Républicains et jusqu’au FN, axe davantage ses programmes sur la défense de la famille, de la patrie, et sur la promotion des racines chrétiennes de l’hexagone. Cependant, une partie de la gauche dite « radicale » entend défendre une vision fantasmée, dans laquelle ce camp politique se serait défini historiquement et fondamentalement par sa défense des travailleurs, voire sa volonté d’achever le capitalisme.

Synonyme : Progressisme

Antonyme : Conservatisme, traditionalisme.

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