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Contre les ordonnances Macron : La stratégie pour gagner (2/2) : l’inversion du rapport de forces

Dans notre précédent article, nous avons vu que la grande attaque d’Emmanuel Macron sur le droit du travail s’oppose fondamentalement aux intérêts des salariés, qui devront user de leur avantage stratégique premier, leur nombre [1]. L’union dans les luttes est la clé pour entraîner les masses vers la victoire sociale, mais il faut d’abord préparer les esprits des syndiqués et des collègues à la bataille. Un an après l’échec sur la loi travail de Manuel Valls et Myriam El Khomri, c’est un long travail de mobilisation, débutant par un effort d’information sur la gravité historique de cette réforme précipitée, qui attend les militants.


Par Benoit Delrue. Lien court : http://wp.me/p6haRE-zR
3 300 mots environ. Temps de lecture estimé : 15 minutes. HorlA2


Accord d’entreprise supérieur à la loi et à la Convention collective, possibilité pour le patronat d’allonger le temps de travail ou d’abaisser les salaires, plafonnement des indemnités prud’homales en cas de condamnation pour licenciement abusif… Les attaques d’Emmanuel Macron contre le droit du travail se multiplient dans sa réforme-éclair qui concrétise un demi-siècle d’évolution du rapport de forces économique entre le patronat et la classe ouvrière, si invisibilisée aujourd’hui, en faveur du premier. Prenons du recul pour analyser en profondeur les mouvements à l’œuvre aujourd’hui et définir une stratégie capable de faire reculer le Président de la République et, par là-même, le grand patronat qui donne ses ordres.

L’inclinaison initiale du rapport de forces

Dans le système capitaliste, nous croyons vivre en démocratie par le jeu du suffrage universel mais nous ne faisons, le plus souvent, que départager les candidats acquis à la cause de la classe dominante. Cette dernière, caractérisée par son accumulation du capital, domine dans l’infrastructure économique en décidant de ce que les travailleurs produisent, selon quelle chaîne de montage, autour de quels objectifs, dans sa recherche incessante de nouveaux profits. La classe capitaliste influence également fortement les superstructures étatiques et médiatiques, parmi lesquelles l’Éducation nationale, les forces de l’ordre et la justice, pour les plier à ses volontés aussi bien dans la transmission d’une idéologie qui fait du capitalisme la fin de l’Histoire que dans la répression armée du mouvement ouvrier.

Nous vivons donc, en France comme sur la quasi-totalité de la planète, sous la dictature de la grande bourgeoisie, une classe qui a à la fois permis le développement des forces productives à une vitesse historique et creusé des inégalités tellement énormes que huit individus se partagent autant de richesses que la moitié de l’humanité. Parce qu’elle torture la biodiversité, parce qu’elle brutalise les rapports sociaux, parce qu’elle nous vend les armes pour nous entre-tuer, la classe dominante est l’ennemie de l’intérêt général incarné par la classe ouvrière contemporaine [2]. Quand cette dernière relève la tête et se bat pour empêcher une fermeture d’usine ou de commerce, pour améliorer ses conditions de travail ou de traitement, elle fait face aux murs de barbelés hiérarchiques, policiers, administratifs ou judiciaires qui protègent la propriété du capital, l’exploitation des travailleurs, le gaspillage des ressources, la décision du seul patron qui impacte des milliers de familles sur les territoires.

L’inclinaison initiale du rapport de forces sous le capitalisme est donc en faveur de la bourgeoisie, cette dernière est et demeurera en position de force dominante tandis que la classe ouvrière est et demeurera en position de force dominée. C’est le cas au niveau microéconomique, dans chaque entreprise et dans chaque rapport entre le salarié et le patron ou son cadre ; c’est le cas au niveau macroéconomique, dans une société française où le détournement des lois – fiscales ou sociales – par les grandes entreprises et les grandes fortunes est un secret de polichinelle. C’est l’inclinaison du rapport de forces dans chaque entreprise qui produit, selon un processus complexe d’influence dialectique, l’inclinaison du rapport de forces national et la conduite des affaires de l’État. Dans l’Histoire de notre pays, plusieurs fois les salariés ont vaincu la bourgeoisie ponctuellement pour arracher des avancées sociales dont nous profitons toujours, les conquis sociaux ; pour ce faire, ils ont inversé momentanément le rapport de forces qui les oppose au patronat. En relevant la tête et en agissant collectivement, la voie d’une nouvelle victoire pour la classe ouvrière n’est pas si lointaine et pourrait survenir dès les prochains mois, à la condition d’une appropriation par le plus grand nombre du mouvement qui vient. Mais avant d’aborder la question plus concrètement, profitons de notre recul pour regarder l’horizon sous un nouvel angle.

L’inversion définitive du rapport de forces

Les militants révolutionnaires vont plus loin dans l’analyse : ils ne souhaitent pas seulement la victoire ponctuelle de la classe ouvrière, mais sa victoire une fois pour toutes. C’est le socialisme, système économique scientifiquement élaboré où les grands moyens de production et d’échange sont de propriété publique et populaire, où la production est rationnellement décidée pour répondre aux besoins élémentaires et sociaux de tous au XXIème siècle, où le progrès, la justice et la paix universels régneraient enfin. Pour atteindre cet horizon, il faudra une Révolution politique, économique, sociale durant laquelle les travailleurs arracheront le pouvoir aux mains de la bourgeoisie. Il est à prévoir un torrent de violences inouïes de la part de la classe dominante et de ses bras armés – État et mafias – contre le mouvement ouvrier le jour où ce dernier prétendra à prendre définitivement l’ascendant sur elle. La Révolution est un acte violent par lequel une classe sociale dominée devient une classe sociale dominante.

Depuis les premières civilisations, les classes laborieuses ont fourni la sueur et le sang du développement des forces productives, moteur de l’Histoire mais ont subi l’exploitation, la soumission aux intérêts des classes dominantes. Depuis les relations citoyen / esclave, seigneur / serf, colon / colonisé, bourgeois / employé, le prolétariat – proletarius, « citoyen romain pauvre qui ne compte aux yeux de l’État que par ses enfants » – fournit une force de travail dont les classes dominantes confisquent les gains. Si le prolétariat moderne, la classe ouvrière contemporaine, venait à prendre le pouvoir, ce serait l’événement le plus radical et le plus décisif des derniers millénaires. Ce ne serait cependant pas une première mondiale. La Révolution d’Octobre 1917 qui donna naissance à la Russie soviétique demeure un modèle de prise de pouvoir par la classe ouvrière sur la noblesse et la bourgeoisie, et si bien des crimes sont survenus en URSS cautionnés par un système bureaucratique écrasant, les conquêtes sociales, démocratiques, féministes, progressistes, sportives, spatiales de l’Union soviétique font encore rêver des millions de travailleurs à travers le globe. Cette expérience, bien qu’elle se soldât par un échec, reste structurante dans le mouvement ouvrier et mérite d’être étudiée, ce que nous ferons dans de prochains articles. Par définition, le socialisme authentique est international, car il demande de sortir de toutes les logiques de concurrence imposées par la grande bourgeoisie pour entrer dans une ère de libre coopération des travailleurs. C’est pourquoi le mouvement pour le socialisme se doit d’être internationaliste, et d’œuvrer à la solidarité et à la fraternité de la classe ouvrière de tous les pays.

Cette lutte idéologique est menée par les partis politiques historiquement liés au mouvement ouvrier, notamment le Parti communiste français (PCF) qui demeure le plus grand parti ouvrier malgré l’institutionnalisation et la résignation qui touchent ses dirigeants. Elle n’est pas contradictoire avec la lutte immédiate pour les intérêts communs de la classe ouvrière, au contraire. Historiquement et quand elle a été la plus forte, la Confédération générale du travail (CGT) affichait le socialisme comme objectif de long-terme, aboutissement des revendications immédiates sur le salaire, les conditions de travail, la nationalisation d’entreprises, la socialisation des richesses. La lutte idéologique structure les débats au sein des syndicats et du mouvement ouvrier en général, et plus elle est offensive plus les militants auront du baume au cœur à aller voir leurs collègues et voisins pour les convaincre de rejoindre le combat. Plus nous serons convaincus que la grande bourgeoisie peut être renversée en tant que classe dominante et que les travailleurs ont historiquement vocation à lui prendre le pouvoir, plus nous aurons d’assurance, d’arguments et plus nous serons forts face au patronat dans chacune de nos entreprises. Dans ce sens, l’idée qu’il faut achever le capitalisme est bien plus puissante que le filet d’eau tiède qui voudrait le « moraliser » ou le « changer ». Plus les salariés auront conscience de leur capacité à inverser définitivement le rapport de forces, plus ils chercheront à inverser immédiatement le rapport de forces.

L’inversion immédiate du rapport de forces

La lutte matérielle pour les besoins immédiats est donc épaulée par la lutte idéologique mais il ne peut régner de confusion sur les rôles de chaque structure. Si c’est au parti politique de diriger la lutte idéologique, de définir en détail le socialisme et la voie pour y parvenir, ce n’est pas à lui qu’incombe la responsabilité de diriger la lutte pour les intérêts matériels immédiats des travailleurs. La lutte immédiate doit être aiguillée par le syndicat, précisément parce que ce dernier rassemble au-delà des divisions idéologiques sur la bataille concrète des droits des salariés. Les bons syndicalistes sont des bons travailleurs : ils endurent la même exploitation que leurs collègues, ne s’arrogent pas une position supérieure de par leur engagement, et sont ancrés dans la réalité sociale dans sa complexité, concours de contradictions propres à la lutte de classes menée continuellement par le patron dans l’entreprise. Chaque syndicat élabore, sur son lieu de travail, les revendications qui amélioreraient le sort des salariés, tandis que de grandes propositions formulées au niveau confédéral irriguent le débat, comme le SMIC à 1.800 euros, la semaine de 32 heures, la formation continue pour tous. Les syndicats ont une expertise sur le droit du travail et sont donc légitimes à préparer, déclencher les luttes qui lui sont liées.

Lors d’une mobilisation, les syndicats organisent et animent des Assemblées Générales de salariés et s’en remettent à leurs décisions. La grève ne fonctionne pleinement que si elle est appropriée par l’ensemble des collègues, qui votent collectivement pour leurs revendications et leurs moyens d’action employés. Les syndicats font œuvre de proposition mais sont forcés de se laisser dépasser par le processus démocratique des AG, qui peut aller moins loin ou parfois plus loin que ne le souhaite le syndicat. Deux débats y sont essentiels : celui du mot d’ordre et celui du moyen d’action. Le second sera vite polarisé entre ceux qui sont en faveur de la grève et ceux qui n’y sont pas, c’est pourquoi la question de la grève doit être abordée en temps et en heure, c’est-à-dire quand les salariés seront prêts à l’aborder avec le moins de passion et le plus de raison possibles ; la réponse graduée allant du tract et de la pétition jusqu’à la grève perlée, journalière puis illimitée. Le débat sur le mot d’ordre doit être abordé prioritairement : il va structurer l’adresse des grévistes aux dirigeants politiques et économiques et de lui s’articulera la hiérarchie des revendications. La désignation du mot d’ordre intervient dans un arc de cercle allant du niveau de conscience actuel des travailleurs, jusqu’à la demande la plus ambitieuse et offensive, permettant ainsi des victoires intermédiaires.

Sans attendre, il nous faut populariser la grève auprès des salariés en cherchant à convaincre de son utilité et de son efficacité. Quand une grève débute, un nouveau monde commence. Les employés organisés pour cesser le travail se retrouvent jour après jour, si ce n’est heure après heure, pour débattre et décider librement des actions à mener, de l’occupation des lieux de travail, de la réappropriation momentanée des moyens de production. Les grévistes confectionnent des tracts, des banderoles, des affiches, des panneaux pour interpeller et informer sur leur mouvement. Ils se retrouvent ni dans le travail salarié, ni dans les loisirs, mais dans le travail militant, dans la lutte pour se faire respecter collectivement. Ils s’informent et se cultivent différemment, peuvent organiser des conférences et des séances de projection. Ils discutent de tout, sans exclusive, ils refont le monde chaque soir et se lèvent aux aurores pour tenir les piquets de grève ou préparer la manifestation du jour. Jamais les travailleurs ne s’intéressent autant à la politique au sens noble du terme que lors des grèves, parce que la grève brise le quotidien et plonge ses acteurs dans l’action concrète et totale. Plus encore, elle inverse momentanément le rapport de forces et transforme les conditions dans lesquelles le patron répondra aux revendications salariales. Dans cette phase, le gréviste rompt le lien de subordination qui le lie au patronat et l’affronte d’égal à égal, ce qui explique pourquoi il peut négocier à son avantage les conditions de son retour au travail. Plus précisément, la dialectique du maître et de l’esclave se met au jour dans la mesure où le maître devient l’esclave de son esclave, parce que ce dernier lui fournit une force de travail sans laquelle le maître ne serait rien.

Chaque grève doit être connue de l’opinion publique, ce qui nécessite de la part des grévistes de communiquer à destination de leurs collègues, de leurs usagers ou clients, et des salariés des autres entreprises. Cette triple adresse, mise à jour quotidiennement pour rendre compte des derniers développements de la lutte et des négociations, permet de dépasser les cadres du lieu de travail pour propager la grève dans le secteur économique ou géographique. Chaque nouveau gréviste renforce l’ensemble des grévistes dans leur lutte face au patron, chaque nouvelle entreprise en grève renforce l’ensemble du mouvement pour faire reculer la bourgeoisie et le gouvernement à ses ordres. La grève générale, c’est-à-dire nationale, interprofessionnelle et illimitée, ne se décrète pas mais elle se construit dans la réappropriation progressive du temps et de l’espace par les travailleurs, comme le moyen de plier momentanément le rapport de forces et faire entendre les exigences populaires. Revenons maintenant à notre situation actuelle.

L’offensive sur quatre fronts de M. Macron

Le chef de l’État et ses troupes ministérielles ont, en l’espace de quelques semaines, ouvert quatre fronts en tentant, à chaque fois, d’enterrer des conquêtes sociales du siècle dernier. C’est le cas de la réforme du droit du travail par ordonnances, première grande mesure du quinquennat Macron, en « libéralisant » le marché du travail pour toujours davantage mettre en concurrence les salariés les uns avec les autres. La bataille contre les fonctionnaires, leur rémunération et leur statut, menée en pointe par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, participe à cette offensive. Le gel du point d’indice, à partir duquel est calculé le salaire des agents publics, baissera le niveau de vie de ces derniers au regard de l’inflation des matières premières et des produits les plus courants. Le rétablissement du jour de carence, qui prive d’indemnités le salarié souffrant le premier jour de son arrêt maladie, s’inscrit dans une idéologie purement libérale en faisant croire que cela rapporterait des économies – presque rien vis-à-vis des sommes en jeu dans le budget de la nation – et indexerait les fonctionnaires sur les salariés du privé, où le jour de carence est le plus souvent absent. Il s’agit, toujours, d’opposer les employés les uns aux autres, selon leur employeur, leur profession, leurs parcours professionnels.

Le troisième front ouvert par M. Macron est celui sur la Sécurité sociale, qui sera privée « dès le 1er janvier 2018 », selon le Premier ministre Édouard Philippe, des cotisations salariales chômage et maladie, tout simplement supprimées dès l’année prochaine. Il s’agit d’affaiblir les organismes de la Sécu, pourtant déjà surendettés, pour faire la démonstration que la gestion par les salariés est fondamentalement mauvaise, faire rentrer la Sécurité sociale dans le giron de l’Etat aux ordres du capital, ou mieux encore, privatiser des pans entiers de l’Assurance publique en la livrant aux appétits intarissables des banquiers de la finance internationale. De plus, il est à préciser que la suppression des cotisations salariales n’aura pour seul effet que de baisser le salaire brut, et puisque aucune augmentation du Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) net n’est prévue, la plupart des employés ne verront aucun gain dans cette affaire. Mais, « en contrepartie » comme l’a annoncé le Président de la République, nous devons nous attendre à une hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG), affectant lourdement les petits salaires et les petites retraites. Ce qui nous amène droit à la quatrième facette de l’attaque organisée de M. Macron contre les droits des travailleurs : la fiscalité.

Outre la hausse de la CSG, plusieurs mesures ont déjà été annoncées par le chef de l’État. La suppression, « pour 80% des ménages », de la taxe d’habitation semble être une bonne nouvelle mais elle privera les municipalités d’une fortune allouée aux moyens des services publics communaux, qui ne sera pas compensée par les dotations de l’État. Les villes devront se serrer la ceinture, augmenter d’autres taxes ou baisser drastiquement leurs dépenses de fonctionnement et d’investissement, ce qui aura forcément un coût pour les travailleurs qui n’ont pas à se réjouir trop vite du gain qu’ils penseront effectuer sur leurs impôts locaux. En parallèle, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ne s’appliquera plus sur le patrimoine financier, sur le portefeuille d’actions et d’obligations des ménages les plus riches, mais seulement sur le patrimoine immobilier, une aubaine pour la plupart des propriétaires capitalistes qui verront leur feuille d’impôt diminuer substantiellement dès 2018. Pour les pauvres, tout augmentera : les denrées alimentaires, les services municipaux, les taxes sur le tabac, les taxes sur l’essence. La politique d’injustice sociale et fiscale menée par le Président et son exécutif produira ses effets dévastateurs « le plus vite possible », et il y a fort à parier que la riposte populaire ne se cantonnera pas à cet automne. Cependant, c’est bien dans les mois à venir que se joue l’avenir du pays et les conditions dans lesquelles les classes laborieuses pourront résister au long du quinquennat Macron.

Parce qu’elle est la première grande réforme du nouveau chef de l’État et qu’elle est emblématique de l’évolution des rapports de forces entre les classes, la révision du Code du travail sous le régime des ordonnances est la mère des batailles en ce début de mandats présidentiel et législatif. Les salariés du privé comme du public, les étudiants, les privés d’emploi, les retraités doivent converger, avec leurs revendications propres, les luttes distinctes vers un mouvement national et interprofessionnel massif, autour du mot d’ordre du retrait des ordonnances. Faire reculer le gouvernement sur les ordonnances, c’est le faire reculer potentiellement sur la fonction publique, sur l’austérité qui touche les collectivités et les services publics dont l’université, sur la fiscalité ou sur la Sécurité sociale. En mobilisant pour le retrait, nous pouvons avoir au mieux une victoire totale qui en amènera d’autres dans les entreprises et nationales à l’avenir, sinon le retrait des parties des textes les plus régressives, par exemple sur la dérogation à la loi pour les conditions de licenciement ou de rémunération des salariés qui ouvre la voie à des salaires plus bas que le SMIC. C’est, enfin, pourquoi la date du 12 septembre apparaît comme le point de départ d’une mobilisation large qui pourrait amener, selon sa réussite et le temps qu’elle durera, à l’inversion du rapport de forces dans les entreprises du pays. C’est une occasion historique à saisir pour retrouver le chemin de la victoire sociale.


La lutte de classes instituée par le capitalisme nous offre en ce début de XXIème siècle un contexte de progrès social particulièrement difficile. Depuis un demi-siècle, l’inclinaison du rapport de forces penche en faveur de la grande bourgeoisie ; en France, M. Macron et ses ministres ne sont que les représentants politiques des intérêts des milliardaires, sous couvert d’une idéologie libérale qui répondrait aux besoins de tous en aidant d’abord les riches. « Ceux qui ne sont rien », comme l’a prononcé le chef de l’État voici trois semaines [3], nous tous, pouvons tenir tête aux détenteurs du pouvoir si nous nous unissons sur un mot d’ordre ainsi que sur des moyens d’action à la fois clairs et fédérateurs. C’est notre dignité qui est attaquée par les forces du capital, et c’est pour elle que nous devons nous battre. Nous pouvons infliger une défaite historique à la bourgeoisie et ses valets politico-médiatiques ; nous entrons dans l’étape, décisive, de l’opposition populaire aux ordonnances Macron. Toutes les forces y sont bienvenues.

B.D.

Références

1 : https://lebilan.fr/2017/07/06/contre-les-ordonnances-macron-la-strategie-pour-gagner/

2 : http://lebilan.fr/2017/05/12/leur-interet-et-le-notre-la-vraie-histoire-de-linteret-general/

3 : http://lebilan.fr/aux-gens-qui-ne-sont-rien/

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