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Présidentielles : Préparons le troisième tour social !

Événement majeur de l’Histoire de notre pays, l’élection présidentielle se jouera dans un mois. Au premier tour, onze candidats sont en lice pour représenter les diverses sensibilités de la vie politique française. Au second tour, le nouveau chef de l’État sera désigné. Mais, chose tue par les « grands » médias, un troisième tour aura lieu au lendemain du 7 mai. Il se jouera dans les rues, les entreprises, les lycées et les universités. La mobilisation populaire pourra faire plier le nouveau Président élu, quel qu’il soit, pour l’amener à répondre aux revendications sociales. Loin d’être une vue de l’esprit, l’après-élection peut sensiblement modifier la donne pour les années à venir. Voici pourquoi il faut le préparer dès aujourd’hui.


Par Benoit Delrue. Lien court : http://wp.me/p6haRE-vh
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Les médias et une frange, minoritaire mais importante, de Français se passionnent pour l’élection présidentielle. C’est, depuis 1958 et l’adoption de la Constitution de la Cinquième République, le scrutin le plus important de notre régime politique. Cette prépondérance s’est encore accentuée voici quinze ans, avec la réforme constitutionnelle du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral, plaçant les élections législatives après la présidentielle. Ainsi, non seulement celui qui est désigné pour la fonction suprême se voit doté de l’essentiel du pouvoir exécutif, mais il est également le véritable chef de la majorité parlementaire, en lieu et place du Premier ministre, détenant de fait le pouvoir législatif.

france-63022_1920Les élections de 2017 semblent bousculer le paysage politique français. Les sondages réalisés jusqu’à ce jour placent, en tête des intentions de vote, deux candidats n’appartenant pas au bipartisme traditionnel, qui a régné ces dernières décennies, entre Les Républicains (autrefois RPR puis UMP) et le Parti Socialiste. La perspective de l’élection, ou du candidat « hors parti » et « mi-droite mi-gauche », Emmanuel Macron, ou de la présidente du Front National, Marine Le Pen, ne semble plus éloignée. Étant donné qu’il est peu probable que l’un comme l’autre obtiennent la majorité des députés à l’Assemblée nationale, à l’issue du scrutin législatif de juin prochain, un jeu d’alliances leur sera indispensable pour espérer gouverner. Si les lignes semblent bouger, force est de constater que cette année se profile comme une continuité de l’action conduite par Nicolas Sarkozy et Français Hollande, davantage qu’une authentique « Révolution » qu’appellent de leurs vœux les candidats prétendument « anti-système ».

Pour comprendre les dynamiques à l’œuvre, et anticiper sur ce que sera la réalité sociale sous le prochain quinquennat, il convient de prendre du recul. Les élections qui nous attendent doivent être placées dans le contexte particulier de la France du XXIème siècle, contexte idéologique et économique notamment. Derrière notre système politique se trouve le régime capitaliste, dont l’étude est indispensable à la bonne compréhension des mouvements en cours. Il en découle la nécessité de préparer, dès maintenant, le troisième tour social qui s’ouvrira sitôt le nouveau Président désigné.

Le souffle d’une idéologie droitière

Depuis une quinzaine d’années souffle, sur l’Europe et sur la France, un vent idéologique réactionnaire qui a profondément modifié les représentations politiques et sociales des citoyens de l’hexagone. C’est pourquoi le Front National a le vent en poupe, lors des élections intermédiaires qui ont eu lieu depuis 2012, et dans les enquêtes d’opinion réalisés jusqu’à ce jour. C’est également pourquoi François Fillon, représentant d’une aile dure de la droite sur les questions économiques et sociétales, a été désigné candidat de son camp lors des primaires de la droite et du centre en novembre dernier.

C’est d’un processus au cours long que résulte la présente situation politique. Entre 2002 et 2007, le second mandat de Jacques Chirac à l’Élysée a vu la présence de Nicolas Sarkozy à la tête du ministère de l’Intérieur, et celle de François Fillon aux ministères du Travail puis de l’Éducation Nationale ; deux ministres emblématiques de la droite qui ont multiplié les réformes, sécuritaires pour l’un, antisociales pour l’autre, lorsqu’ils étaient aux affaires. Entre 2007 et 2012, le même duo, cette fois respectivement Président de la République et Premier ministre, ont gouverné la France en la réintégrant dans l’OTAN, en faisant preuve d’une politique réactionnaire de traques et d’expulsions à l’encontre des immigrés, ainsi que d’une politique régressive sur les questions sociales avec notamment le recul de l’âge de départ à la retraite à 67 ans pour une pension à taux plein. Enfin, de 2012 à 2017, c’est le renoncement au « changement » promis par François Hollande qui a dominé les débats, avec de nouveaux cadeaux fiscaux massifs aux plus riches et aux grandes entreprises – reconduction du crédit impôt recherche, mise en place du crédit impôt compétitivité emploi (CICE) sans contrepartie – la reconduite de l’action anti-immigrés des précédents gouvernements, et l’abandon du retour à la retraite à 60 ans. Les lois Macron et El Khomri ont eu pour effet, notamment, le recours accru au travail le dimanche, et l’inversion des normes en matière de droit du travail, permettant aux patrons de déroger à la loi, au sein de l’entreprise. Dix années de droite dure, cinq années de renoncements socialistes ont fortement altéré les normes, les représentations auxquelles se rattachent, souvent inconsciemment, les esprits français.

Plus concrètement, plusieurs mots cristallisent autour d’eux une idéologie droitière, en devenant de surcroît des marqueurs importants dans les débats nationaux. L’assistanat, dénoncé en particulier par Sarkozy, désigne un état de jouissance dans lequel se trouveraient les privés d’emploi, les individus au RSA – revenu de solidarité active, qui a remplacé le revenu minimum d’insertion – ou les parents bénéficiant des allocations familiales. Les assistés profiteraient ainsi de l’État-providence, « payés » à se la couler douce pendant que les salariés triment au boulot. Cet argument est un puissant moyen de suspicion et de division entre les travailleurs, invités à se tourner vers plus pauvre qu’eux pour trouver le responsable d’une situation économique profondément morose.

François_Fillon_2010La clandestinité se situe précisément dans la même veine. Les immigrés clandestins, illégaux, sont vus comme un fléau apportant dans notre pays un cortège de misère. Ils viendraient pour profiter du système social français, selon les responsables politiques qui omettent volontairement de rappeler que l’émigration est contrainte, difficile, rendue presque obligatoire pour quitter des pays en proie aux guerres et aux ravages économiques. L’argument selon lequel « six millions de chômeurs, ce sont six millions d’immigrés en trop » – pour reprendre une formule du Front National des années 1980 – a fait son chemin. Le FN fait croire que les portes de nos frontières sont grandes ouvertes, refusant le fait établi que Manuel Valls a rigoureusement reconduit la politique de Nicolas Sarkozy en chassant et expulsant les immigrés clandestins, même salariés, même scolarisés, même en danger de mort dans leur pays d’origine. Qu’importe la vérité, l’essentiel est que le « bon » Français se figure que la clandestinité est, au mieux un coût supplémentaire pour le contribuable – niant de fait le solde largement positif de ce qu’apportent les immigrés, même sans-papiers, par leur travail – et, au pire, une brèche ouverte par laquelle passeraient les terroristes en puissance.

La laïcité est le parfait exemple de principe dévoyé, utilisé comme une arme pour diviser les travailleurs de France. La loi de 1905 est pourtant claire : séparation des Églises et de l’État, liberté absolue de conscience pour les individus souhaitant pratiquer leur religion, comme pour ceux qui ont décidé de ne pratiquer aucun culte. Nicolas Sarkozy et Manuel Valls, tour à tour aux affaires ces quinze dernières années, ont cherché à redéfinir les lois régissant la vie cultuelle du pays. Alors même que nous les avons vus, faire un signe de croix en rencontrant le Pape, ou porter une kippa en visitant une synagogue, ils ont instrumentalisé la laïcité pour s’attaquer aux travailleurs musulmans – et jamais les chefs d’États théocratiques et rétrogrades comme le roi d’Arabie Saoudite. La burqa, montée en épingle alors qu’elle ne concerne que quelques centaines d’individus, a été bruyamment interdite par Sarkozy ; de son côté, Valls a apporté son soutien aux maires interdisant le burkini, qui n’a strictement aucun rapport avec l’Islam. Il est désormais question, notamment avec François Fillon et Marine Le Pen, d’interdire le foulard, portée par de nombreuses musulmanes, dans l’espace public. Cette exclusion orchestrée depuis quinze ans est aux antipodes de la liberté absolue de conscience telle que mise en place par la loi de 1905.

Enfin, la dette est lourde à porter pour l’État français et ses administrés et il est urgent de la réduire. Cela étant, les responsables de droite comme de gauche qui ont gouverné cette dernière décennie ne nous ont proposé qu’un seul recours pour diminuer un tel poids : la baisse des dépenses publiques, indispensable corollaire du débat sur la dette publique. Selon eux, il faudrait donc revoir à la baisse les dépenses d’Éducation Nationale, de Santé, de Sécurité Sociale, de Justice – cette grande cure est précisément ce que propose François Fillon, qui veut réduire de 500.000 le nombre de fonctionnaires dans notre pays. Pourtant, d’autres solutions existent pour limiter le poids de la dette – et elles seront même absolument indispensables à la résolution de la situation. La restructuration de la dette publique française, qui avoisine désormais les 100% du PIB national, est une condition nécessaire pour dissocier les milliards de taux d’intérêt que nous payons chaque année aux gros propriétaires des marchés financiers, également créanciers de la France, de la dette publique contractée pour financer réellement les investissements publics. Les intérêts générés par la spéculation sont indus, et n’ont pas à être remboursés aux milliardaires détenteurs d’un gros portefeuille d’actions et d’obligations. Seul un audit public rigoureux sur la dette permettra de rendre compte de la situation financière réelle de l’État. Autre solution, jusque là exclue par les dirigeants politiciens : l’augmentation des recettes fiscales, par la progressivité des impôts sur le revenu comme de l’impôt sur la fortune, ainsi que par la lutte contre l’évasion fiscale, évaluée à plus de 80 milliards d’euros chaque année – en allant chercher l’argent là où il est planqué par les grands patrons et les multinationales. Ces propositions, progressistes, sont exclues par les tenants du libéralisme qui ont, pour seul programme, de réduire drastiquement les dépenses publiques, avec tous les dégâts que cela causerait pour nos services publics. Mais, du point de vue idéologiquement droitier qui règne en France dans les milieux politico-médiatiques, ils ne feraient justement « pas d’idéologie » mais seraient les tenants d’un « pragmatisme », relevant du « bon sens », s’apprêtant à diriger l’État comme ils tiendraient les comptes d’une petite épicerie.

Des points d’appui insuffisants

Les trois favoris des sondages en vue de l’élection présidentielle, Fillon, Macron et Le Pen, sont d’accord sur l’essentiel des concepts chers à l’idéologie droitière qui a imprégné la France. Il existe cependant des candidats, bien moins lotis dans les enquêtes d’opinion, qui constituent des points d’appui pour tourner la page de la politique libérale et sécuritaire.

Jean-Luc Mélenchon est, parmi les candidats dépassant les 10% d’intentions de vote, le plus en phase avec l’aspiration populaire à sortir par le haut de cette phase intensive de tensions. Il se veut le candidat « du peuple » et s’apprête à faire face à ceux qui, dans l’ombre, nous ont conduits à cette impasse, « l’oligarchie » et l’Europe des traités austéritaires. Soutenu par le Parti Communiste Français, il propose également l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel (SMIC), l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la réduction du temps de travail avec notamment le retour de la retraite à 60 ans. Son programme est progressiste, mais marque une rupture avec l’analyse marxiste qui animait « l’humain d’abord » en 2012. Dans « l’avenir en commun », nulle mention n’est faite, ni à « la gauche », ni à « l’exploitation », ni même au « capitalisme » ou au « socialisme ». Sur le fond, le programme de Mélenchon s’est donc quelque peu appauvri.

Jean-Luc_Mélenchon_visita_Quito_(9301728809)La victoire de Benoît Hamon sur Manuel Valls, au second tour de la primaire de la Belle alliance populaire organisée par le PS, constitue aussi un point d’appui intéressant. Ses propositions, qu’il s’agisse d’aller vers les 32 heures comme durée légale hebdomadaire du travail, ou d’instaurer un « revenu universel » à destination notamment des moins de 25 ans, sont matricés par la ligne keynésienne de l’aile gauche du Parti Socialiste. D’ailleurs, la présence de Hamon parmi les principaux candidats en lice pour l’élection présidentielle permet, plus facilement, à Mélenchon de faire passer son discours. Le premier tire vers la gauche les discussions politiques, ce qui a permis au second de briller lors du Grand débat du 20 mars sur TF1. Mélenchon, face à Macron, Fillon, Le Pen et Valls, aurait été ostracisé et ses idées, vues comme une bizarrerie dans le discours dominant, libéral, xénophobe et sécuritaire.

Les candidats ouvriers apportent également leur pierre à l’édifice pour changer la donne de cette élection, pour laquelle les « grands » médias préparent depuis de longs mois un duel entre Macron et Le Pen. Même si Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), et Nathalie Arthaud, candidate « communiste » de Lutte Ouvrière (LO), peinent à dépasser les 0,5% d’intentions de vote dans les enquêtes d’opinion, ils font entendre – avec leurs maigres moyens – une voix profondément différente. La nationalisation des secteurs-clés de l’économie, le SMIC à 1700 ou 1800 euros nets, l’expropriation de la classe capitaliste, sont des marqueurs forts de leurs campagnes. Ils restent néanmoins peu audibles, en tant que « petits » candidats, et aucun progrès significatif dans l’élargissement de leur électorat ne se dessine depuis les scrutins de 2012.

Ces points d’appui, de résistance face à la droite, sont bienvenus mais ne peuvent, à eux seuls, contenir l’irrésistible progression des forces conservatrices et réactionnaires. La situation résulte d’un rapport de forces qui a lieu, moins sur le terrain politique que sur le terrain économique. Il faut donc prendre un peu plus de recul pour étudier les dynamiques à l’œuvre, qui conditionneront notre avenir à court et à moyen-terme.

Nous vivons sous une dictature

L’élection au suffrage universel de nos Présidents de la République, nos députés à l’Assemblée nationale, nos maires, nos conseillers départements et régionaux, a constitué un progrès par rapport à l’époque du suffrage censitaire, où seuls les notables avaient voix au chapitre. Pour autant, la démocratie française, comme occidentale, est une mauvaise farce. Le pouvoir n’appartient pas au peuple, même s’il élit ses représentants.

Cela tient en une raison simple, bien que complexe à démontrer : le régime politique est soumis au régime économique. Nous vivons sous le système capitaliste, qui est dominé par une classe sociale, la grande bourgeoisie. Ce sont les multimillionnaires, et à plus forte raison les milliardaires, qui dirigent réellement notre économie – et donc notre pays. L’essentiel de la production est issue du marché privé ; et ce d’autant plus depuis la vague de privatisations des entreprises nationales, entamée au milieu des années 1980. Or, cela signifie que l’essentiel des moyens de production – les terres, les immeubles, les machines, les outils, les savoirs (notamment brevetés) – sont de propriété privée. Ils appartiennent, exclusivement, à la classe capitaliste, généralement monétisés sous forme d’actions financières.

L’étude de la grande bourgeoisie peut sembler anachronique. Pourtant, à l’heure où 8 milliardaires possèdent autant de richesses que la moitié de l’humanité – près de 4 milliards d’êtres humains ! – elle est plus d’actualité que jamais. Comme le prouvent les précieux travaux des sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, cette classe existe en soi et pour soi ; ses membres fréquentent les mêmes écoles, les mêmes milieux. Les « hommes d’affaires », tels qu’ils sont poliment appelés aujourd’hui, ravagent les ressources naturelles et les travailleurs, dans leur quête immodérée et infinie de profits. Obnubilés par les classements, ils misent tout sur le court-terme et sont prêts à tous les crimes pour accroître leurs fortunes. C’est ainsi que les dirigeants du cimentier Lafarge, mandatés dans l’ombre par les propriétaires financiers de cette entreprise, sont allés jusqu’à verser de l’argent à Daech (l’Organisation de l’État islamique) pour pouvoir faire tourner une usine en Syrie, dans les territoires occupés par les djihadistes.

Masquées par l’incessante propagande dominante, qui veut nous faire croire que nous serions dans une société harmonieuse et égalitaire, les classes sociales existent bel et bien. Elles sont déterminées, moins par leur niveau de vie ou leurs habitudes sociales, que par leur rapport à la production. La bourgeoisie se distingue par la propriété d’un capital ; la grande bourgeoisie, par la propriété d’un gigantesque capital, tentaculaire. Ce sont les Arnault, Bettencourt, Bouygues, Bolloré, Niel, Drahi. A l’opposé, se trouve la classe ouvrière. Au XXIème siècle, en France, elle travaille davantage dans les bureaux, les magasins, les restaurants, que dans les usines ou sur les chantiers, mais elle est liée par un rapport précis à la production : elle ne possède aucun capital, si ce n’est un petit patrimoine pour faire vivre sa famille, et est contrainte de vendre sa force de travail sur le marché. Derrière l’illusion d’une liberté, qui serait de vendre sa force de travail au patron de son choix, la classe ouvrière est fermement enchaînée par le système capitaliste, par le salariat. Elle ne décide ni de ce qu’elle produit, ni de la façon dont elle produit, alors même qu’elle est à l’origine de l’immense majorité des richesses par son travail.

529696425_428c83d90e_bIl n’y a pas que deux classes sociales qui s’affrontent. Il existe une petite bourgeoisie, qui détient un petit capital lui permettant d’être à son compte, mais qui doit elle-même travailler pour assurer la marche de son entreprise. Ce sont les commerçants, les artisans, les professions libérales comme les notaires, les médecins généralistes ou spécialistes, les experts-comptables, les avocats. De même, une classe sociale organise la production au sein des entreprises privées et des administrations publiques, pour le compte de la grande bourgeoisie : les cadres, les directeurs, les fonctionnaires d’État, les politiciens. Cette classe intermédiaire vit plus ou moins dans une certaine opulence, mais ne détient pas un capital – financier ou industriel – lui permettant d’employer elle-même ses propres salariés.

Reste que les deux classes principales du système capitaliste sont la grande bourgeoisie, tout en haut de l’échelon social, et la classe ouvrière, de loin la plus nombreuse. La première décide, en dernière analyse, de ce qui est produit, de la façon de le produire, de l’emplacement géographique de la production. Elle met en concurrence les travailleurs en Europe et dans le monde pour tirer vers le bas les salaires, le fameux « coût du travail » dont la baisse ne profite qu’à ceux qui achètent la force de travail, c’est-à-dire la classe capitaliste. La seconde, maquillée ingénieusement en « classe moyenne » parce que matériellement et socialement mieux équipée que ses précédentes générations, demeure exploitée, pressurisée, écrasée par les exigences de productivité formulées par le management de la classe intermédiaire. Le chômage de masse a été organisé pour lui imposer un abject chantage à l’emploi, avec les processus de désindustrialisation, de délocalisation de la production industrielle et agricole, qui ont ravagé les moyens productifs de l’hexagone. La grande bourgeoisie organise une fraude sociale, en employant illégalement les sans-papiers et les travailleurs pauvres, ou en ne déclarant pas les heures supplémentaires pour se soustraire aux cotisations sociales et patronales. Elle organise également une fraude fiscale à grande échelle, pour dissimuler les fortunes personnelles et les bénéfices d’entreprises dans des « paradis fiscaux », synonymes d’ « enfer social » pour les travailleurs de France et du monde.

Le pouvoir politique ne détient, sous la démocratie bourgeoise, qu’un pouvoir limité de régulation des règles économiques, qui profitent toujours, in fine, à la classe dominante capitaliste. Depuis la Révolution de 1789, qui fut un progrès considérable par rapport à l’Ancien régime monarchiste et clérical, la haute bourgeoisie règne en maître sur la société française. La liberté d’entreprendre, d’exploiter, de profiter est un droit pour la classe capitaliste qui se transforme en devoir pour les salariés : obligation de respecter la loi du patron, de travailler avec acharnement, de produire des richesses pour le compte des propriétaires de l’entreprise, en échange d’un pécule servant essentiellement à recouvrer sa force de travail pour retourner au boulot le lendemain. Les besoins matériels et sociaux du peuple se sont accrus, mais la classe ouvrière ne retire des fortunes produites que ce qu’il suffit à son existence matérielle et sociale, garantie non pas parce que la classe dominante est charitable, mais parce que c’est la condition pour éviter la révolte populaire. Ainsi, derrière la démocratie bourgeoise, orchestrée à grands renforts médiatiques et propagandistes, ne se trouve que la dictature froide, intransigeante, de la grande bourgeoisie. La République, qui elle-même concentre les pouvoirs politiques entre les mains d’une poignée d’individus, est soumise à la loi du capitalisme tout-puissant. En se définissant « anti-système », les candidats Macron, Fillon et Le Pen ne s’en prennent qu’à l’exercice du pouvoir politique ; jamais, ils ne remettent en cause le système économique structuré tout entier pour répondre aux exigences d’une petite caste de grands patrons, puisqu’ils souhaitent au contraire « libérer » encore plus la classe dominante dans son exploitation, sans limites, de la classe ouvrière.

Tout est question de rapport de forces

Les intérêts de la grande bourgeoisie et ceux de la classe ouvrière sont profondément antagoniques, strictement irréconciliables. Ce sont toujours les premiers qui priment, d’abord et avant tout : la « bonne santé » financière d’une entreprise profiterait, nous dit-on, à tous les salariés. L’augmentation du temps de travail se matérialiserait en accord « gagnant-gagnant » qui permettrait aux employés de gagner un peu plus. La concurrence économique, face aux autres entreprises, et entre les salariés, serait saine et conviendrait à tous pour tracer des parcours différenciés, consommer moins cher, parvenir à de meilleures innovations. Pourtant, ce n’est pas de compétition dont les travailleurs ont besoin, mais de coopération pour faire face, non pas aux familles au RSA ou aux immigrés, mais aux grands patrons qui les exploitent.

Le salaire et la durée du temps de travail cristallisent ces intérêts antagoniques. Le revenu du travail, du point de vue des employés, a intérêt à être le plus haut possible ; mais du point de vue de la bourgeoisie, il faut réduire le « coût du travail », notamment en baissant les « charges » comme le propose le trio libéral Macron-Fillon-Le Pen. Or, les « charges » sont en fait les cotisations salariales et patronales, mises en commun par la Sécurité Sociale, pour apporter aux travailleurs malades, privés d’emploi ou retraités, une pension – le salaire différé. Réduire le salaire différé, c’est réduire le salaire tout court, et cela ne profite qu’aux grands patrons, qui lorgnent sur le juteux marché que constituerait la santé, l’incapacité de travailler, si d’aventure la Sécu était privatisée et laissée à la gestion d’assurances privées.

Le temps de travail repose sur le même ressort : plus la classe ouvrière travaille longtemps, dans la journée ou dans sa vie, et plus la grande bourgeoisie pourra en retirer du profit. A l’inverse, moins le salarié travaille longtemps, dans sa journée, son année ou son existence, et plus il pourra profiter de repos, de temps de loisirs, de culture, et d’augmentation de la durée de vie. La journée de 8 heures, donnant sur cinq jours la semaine de 40 heures, fut des décennies durant la revendication-phare des syndicats ouvriers – organisations par et pour la classe ouvrière – et elle fut arrachée de haute lutte en 1936. Si cette année a, d’ailleurs, vu des augmentations de salaires conséquentes et la mise en place des congés payés, une hérésie pour le patronat, ce n’est pas grâce à la mansuétude des ministres du Front Populaire, mais grâce à la mobilisation tenace et puissante des travailleurs, qui ont non seulement fait grève au printemps, mais ont également occupé les usines pour se réapproprier momentanément les moyens de production.

tar9_doumenq_001fPuisque les intérêts des deux classes mentionnées sont opposés, il existe un rapport de force, continu et en constante évolution, entre le patronat et le salariat. Seul face à son « boss », l’employé est contraint de courber l’échine et d’obéir. Mais s’il s’organise collectivement, au sein d’un syndicat existant grâce à lui et pour lui, il peut affronter la bourgeoisie et, parfois, la faire plier. Ce n’est que grâce à ce processus que les enfants ont été arrachés des usines et des mines, pour être scolarisés, que le temps de travail a diminué, permettant un allongement de la durée de vie, que les règles d’hygiène et sécurité ont été mises en place, pour protéger le travailleur. Le mouvement ouvrier est à la fois profondément ancré dans la réalité sociale, de laquelle sont issues des revendications immédiates et matérielles, et à la fois profondément révolutionnaire, puisqu’il remet en cause le pouvoir de la grande bourgeoisie – et donc, toute l’organisation économique de la société capitaliste.

Le rapport de forces entre les classes prime sur tous les autres phénomènes pour conditionner l’action politique au sein d’un pays. En France, c’est par la lutte que les ouvriers et les paysans ont fait entendre leurs revendications, en les portant parfois jusque dans les ministères, qui ont fini par mettre en place certaines de leurs demandes. Parce qu’ils étaient poussés par un puissant mouvement social, le Front Populaire en 1936, le programme du Conseil National de la Résistance en 1944, et dans une moindre mesure l’arrivée de la gauche en 1981, ont porté un programme et mis en place une action politique progressistes. Mais depuis les années 1960, et davantage depuis le milieu des années 1980, la grande bourgeoisie reprend du terrain sur ce qu’elle avait fini par céder à la classe ouvrière. Les salaires ont stagné, les baisses de cotisations sociales se sont multipliées, la diminution des impôts payés par le patronat fut continue, les entreprises autrefois nationales furent à nouveau privatisées, ou leurs secteurs, ouverts à la concurrence libérale. Ces « décisions » politiques, commanditées par la classe capitaliste, résultent d’un rapport de force plus défavorable aux travailleurs qu’il ne le fut au temps des « jours heureux » de la Libération. D’une Confédération Générale du Travail (CGT) toute-puissante au sortir de la guerre, nous sommes passés à une division syndicale profonde avec l’éclatement des organisations ouvrières, poussé par le patronat. La désindustrialisation eut deux effets : l’augmentation ininterrompue du chômage, dans lequel survivent aujourd’hui six millions d’inscrits à Pôle Emploi ; et l’éparpillement des unités productives (des entreprises) en de multiples entités, de la maison-mère aux filiales, jusqu’aux sous-traitants. Dans l’entreprise, les travailleurs sont moins nombreux, et leurs parcours sont moins structurés selon les conventions collectives que selon le comportement de chacun. L’individualisation, et l’invisibilité de la classe ouvrière, qui reste une classe en soi mais n’est plus une classe « pour soi », ont anéanti la solidarité populaire nécessaire à la prise en compte des revendications des travailleurs. Et lorsque ces derniers pensent le changement, l’amélioration de leur vie, ils espèrent plutôt s’extirper de leur classe sociale, devenir en un mot des bourgeois, plutôt que de réfléchir au rétablissement d’une meilleure condition de vie, de meilleures conditions de travail, pour leur même classe sociale.

C’est de cette évolution négative du rapport de forces, pour les salariés et privés d’emploi, dont nous pâtissons aujourd’hui, avec l’avenir morose d’une plus grande mise en concurrence des travailleurs, d’une économie austère pour le peuple, d’un chômage à jamais massif, d’une division organique de la classe ouvrière selon les origines et les religions. C’est parce que le rapport de forces a décru, en notre défaveur, depuis plusieurs décennies, que le slogan européen et occidental « There is no alternative » semble tellement véridique aujourd’hui, et que nous avons pour principaux candidats, en 2017, Messieurs Macron, Fillon et Madame Le Pen, tous prêts à lécher la botte du grand bourgeois français, en attestent récemment leurs visites enthousiastes au MEDEF, l’un des bras armé de la classe dominante pour imposer ses conditions.

Il ne restera que la lutte

Dans ce contexte précis, peu de chemins s’offrent aux travailleurs de France. La probabilité la plus forte, certifient les « bookmakers » de la politique hexagonale, est celle d’un retour de la droite au pouvoir. Qu’elle soit macroniste, filloniste et lepéniste, la droite entend imposer au peuple – mais avec sa bénédiction, au suffrage universel – un programme de privatisations, de destructions des conquis sociaux du XXème siècle, de remise en cause de la solidarité nationale par de nouvelles baisses d’impôts, de démantèlement des services publics, d’instauration d’une nouvelle phase, intensive, de la guerre économique, poussée à son paroxysme.

Le climat, particulièrement nauséabond, de cette campagne présidentielle ne peut satisfaire aucun travailleur. Les principaux candidats ont trempé dans des affaires de détournements de fonds publics, dont la Justice s’est emparée, mais pour lesquelles elle sera bien impuissante face à un nouveau Président de la République fraîchement élu. Les débats portent moins sur les programmes que sur les comportements, et bien que ceux-ci traduisent irrémédiablement l’appartenance des candidats, ou à la classe intermédiaire aux ordres, ou à la bourgeoisie, ils ne sont qu’un pâle reflet de ce qui nous attend pour les cinq années à venir. Dans toute l’Histoire, et plus encore dans l’Histoire contemporaine, ce sont les luttes populaires qui ont changé la donne. Le peuple travailleur ne sera entendu qu’à condition de crier, haut et fort, et surtout, collectivement. Une devise syndicale résume bien ce phénomène : seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. Il est temps de viser une nouvelle perspective, à la fois réaliste et utopiste, immédiate et révolutionnaire, pour préparer les esprits à la résistance.

La résistance aux politiques droitières promises par les instituts de sondage sera la condition sine qua non pour, non seulement déjouer les plans sociaux-économiques ravageurs des candidats libéraux – dont M. Fillon, qui a promis au patronat une « blitzkrieg » contre les travailleurs s’il est élu – mais aussi ouvrir la voie d’un avenir progressiste pour la France. La résistance, comme tout mouvement de grève, ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, rationnellement, en partant des forces existantes en présence, qu’il nous faut élargir toujours plus. Il nous faut convaincre les électeurs de gauche, en particulier, car ce seront les premiers à se lever au lendemain du 7 mai, que la lutte ne peut et ne doit pas s’arrêter au bulletin de vote. Au contraire, et cela même si par miracle un candidat progressiste est élu, la mobilisation populaire devra se traduire dans les lycées, les universités, les entreprises, dans les rues, par un mouvement massif de ceux qui produisent les richesses.

Il_quarto_stato_(Volpedo)Plusieurs pistes existent déjà, comme nous l’enseigne l’Histoire. A de rares exceptions, comme la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ou aujourd’hui en Israël, ce n’est pas par sa consommation que le peuple travailleur pourra déjouer les plans de la grande bourgeoisie, qu’il s’agisse du marché du travail en France ou d’un appétit féroce par ses visées impérialistes. Sa consommation ne concerne qu’une fraction des richesses déjà existantes, et ne peut constituer un moyen de pression suffisant pour faire plier la classe dominante. Par contre, par sa production, par le puissant flux de richesses qu’elle génère quotidiennement, la classe ouvrière, la plus puissante par son nombre, peut reprendre le pouvoir sur le patronat en rappelant que son travail est la condition nécessaire à l’enrichissement de notre monde. La cessation du travail, la grève, entraîne un manque à gagner considérable pour le propriétaire de l’entreprise ; si la grève dure, ou si elle se manifeste par l’occupation des locaux, il fera vite le calcul et sera contraint, matériellement, à répondre aux revendications populaires en revoyant à la baisse sa marge de bénéfices – et cela, uniquement parce que le manque à gagner dû à une grève qui s’étend sera trop grand.

Aujourd’hui, il existe une forme de désamour entre la population salariée ou privée d’emploi, et les syndicats, à commencer par la CGT. Mais l’expertise syndicale reste précieuse pour tout travailleur qui prend conscience de son état, c’est-à-dire l’exploitation, dans l’entreprise ; et le syndicat peut devenir, à nouveau, un référent central pour ceux qui vivent de leur force de travail. La confiance n’est pas rompue à jamais ; elle se reconstruira à condition que les syndicalistes ne soient pas « institutionnalisés » mais soient de bons travailleurs, se rapprochent de leurs collègues pour percevoir leurs doléances, soient à l’écoute pour établir les questions qui cristallisent, dans l’entreprise, la lutte des classes entre le patron et ses subordonnés. Le syndicat peut redevenir synonyme d’union entre exploités, de réactivité, de combativité, de solidarité populaire. C’est le devoir premier des syndiqués, des responsables syndicaux, pour ramener vers l’organisation ouvrière les masses de travailleurs éparpillés selon leurs statuts, leurs parcours.

Si, dans le mouvement ouvrier, les syndicats ont une place centrale, ils n’ont pas le monopole de l’activité populaire et revendicative. L’émancipation des travailleurs passe par le mouvement féministe, car les employées et privées d’emploi subissent une double domination, salariale et patriarcale, et les libérer de ces chaînes entraînera la libération de tous. Elle passe aussi par le mouvement pour l’égalité des droits, entre citoyens, entre athées et croyants de toutes religions, entre Français et immigrés, entre Blancs, Noirs, Arabes, Latinos et Asiatiques, entre hétéros et LGBT. Si l’on tient compte de la multitude d’associations travaillant de plein pied à ces égalités, le mouvement social reste un puissant contre-pouvoir face aux forces conservatrices et réactionnaires, toujours à la botte de la grande bourgeoisie. Tout l’engagement collectif, syndical ou associatif, doit être tourné vers la résistance. Face aux agressions quotidiennes orchestrées par la classe dominante, à l’encontre des travailleurs et/ou des minorités, le peuple travailleur a besoin de s’unir pour relever la tête. Les prochaines années seront probablement sombres, mais une éclaircie arrivera par la force, l’union et la solidarité de tous les opprimés. Et si elle intervient, elle pourra se poursuivre, économiquement dans le rapport de forces qui nous oppose à la grande bourgeoisie, puis politiquement et idéologiquement face aux libéraux prêchant le capitalisme à longueurs d’ondes audiovisuelles. La résistance est le meilleur moyen de sortir dès maintenant du marasme, et de préparer de nouveaux jours heureux.

 

Fillon, Macron, Le Pen dominent les enquêtes d’opinion et nous préparent au retour de la droite, gonflée à bloc en raison du souffle de l’idéologie réactionnaire qui touche notre pays, et des renoncements du gouvernement socialiste depuis cinq ans. En prenant du recul, force est de constater que les mouvements politiques ont toujours suivi les mouvements économiques, où se cristallisent le rapport de forces entre deux classes aux intérêts antagoniques, la grande bourgeoisie toute-puissante et la classe ouvrière exploitée. La première n’a que faire des ressources environnementales comme du travail de ses salariés, qu’elle entend user jusqu’à la lie. La seconde détient, si elle redevient consciente d’elle-même et unie pour ses droits, la clé de la solution politique. De la sueur, du sang et des larmes nous sont promis par les favoris à l’élection présidentielle du mois prochain ; par notre résistance, nous démantèlerons rationnellement la domination et la propagande des forces conservatrices et réactionnaires, et nous préparerons des jours meilleurs. La lutte ne se décrète pas, elle se construit jour après jour ; apportons, tous, notre pierre à cet édifice nécessaire pour survivre, puis vivre, et enfin ouvrir la voie à un avenir révolutionnaire pour les générations à venir.
B.D.

 

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2 commentaires

  • Darribère Alja

    Bonjour,

    Je suis choquée par vos commentaires sur Jean Luc Mélenchon et la France insoumise. Vous n’avez apparemment pas bien lu le programme et les livrets thématiques. Au contraire de ce que vous écrivez, le programme ne s’est pas appauvri, mais enrichi, entre autre sur les thèmes que vous nommez.

    De plus, vous partez des résultats des sondages, dont nous savons tous aujourd’hui qu’ils ne sont pas du tout justes.
    Si nous prenons en comptes l’affluent aux nombreux meetings de Jean Luc Mélenchon, ensemble avec la popularité sur le site internet, Facebook, YouTube et twitter de JLM, nous comprenons très vite que nous ne sommes pas « juste au-dessus » les 10 % !
    Dernier « sondage alternative : http://www.mercialfred.com/lifestyle/contre-election-résultats

    En tant que site d’information, vous avez une rôle important. Aujourd’hui, nous, l’humanité nous trouvons sur une « charnière ». Il faut agir ! Or, il faut donner le plus de chance possible à ceux qui veulent, et peuvent! commencer à changer les choses.
    La sixième république, les réponses aux urgences sociales et écologiques, tout y est dans le programme de Jean Luc Mélenchon.
    Et il a les épaules et le mouvement derrière lui, pour pouvoir faire ce qu’il a dit.

    Alors, SVP lisez le programme et les livrets thématiques, et écoutez le chiffrage, très détaillé et clair : https://www.youtube.com/watch?v=T7b67QCjibc.
    Et ensuite : faites un nouveau article !

  • Kerozen432

    excellent article de vulgarisation, dommage que vous n’évoquiez pas la montée en hausse très rapide des prix depuis l’euro (qui n’est pas la seule raison de cette hausse c’est vrai), et que vous utilisiez le mot « socialiste » pour qualifier le gouvernement PS qui est tout sauf socialiste.

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