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La différence élémentaire entre la valeur et le prix

Il semble que les économistes même ceux se situant à gauche (comme le médiatique Frédéric Lordon ou l’économiste du Parti de Gauche Jacques Généreux) aient beaucoup de mal à faire ladifférence entre la valeur et le prix.

Que penserait-on..
… d’un physicien qui ne ferait pas la différence entre la masse et le poids ?
… d’un médecin qui ne ferait pas la différence entre virus et bactéries ? Contribution


Par Jean Alméras (contribution).
900 mots environ. Temps de lecture estimé : 5 minutes. HorlA2


Cette  page n’a de sens que si elle s’insère dans la compréhension de ce qu’est véritablement une marchandise. Compréhension nécessaire car c’est elle qui permet de différencier ce qui relève d’un véritable marché avec « la majorité d’autres modes d’accès » à des « biens » qui ne relèvent pas du marché.

Il faut donc consulter également cet article sur le marché et les marchandises : Non ! Nous ne vivons pas dans une économie de marché.

Très rapidement quand la question de la valeur est abordée les économistes tombent dans le subjectivisme le plus inconsistant.

Ce n’est pourtant pas très difficile.

La valeur d’un bien dans une société donnée est en rapport avec le temps de travail social qui a été nécessaire pour le produire.

Bien sûr ce temps de travail social par unité produite ne se calcule pas à 1% près, mais il ne varie pas non plus au delà d’un rapport de 1 à 2.

 

Pour simplifier imaginons des objets neufs…

Seriez-vous prêt à échanger une brosse à dents contre une couette, un crayon papier contre un ordinateur, un Kg de pommes de terre contre un Kg de fraises des bois, un vélo contre une voiture, un verre à moutarde contre une casserole inox ?…

Non bien sûr. Et quelle en serait la raison ? C’est que la production de ces biens ne nécessite pas à première vue la même quantité de travail. Produire une voiture demande plus de travail que de produire une vélo, c’est évident. De même pour obtenir un Kg de fraises des bois il faudra plus de temps que pour obtenir un Kg de « patates ».

D’une façon générale la valeur des biens a une tendance à la baisse. Dit autrement, le temps de travail social nécessaire à la production ou reproduction d’un bien est de plus en plus faible.  Il n’y a rien de mystérieux dans ce fait. C’est dû simplement à ce que notre efficacité dans la production de biens  est de plus en plus grande.

 

Pour un bien quelconque le temps de travail pour le reproduire aujourd’hui sera inférieur au temps de travail qui aura été initialement nécessaire pour le produire.

Quoiqu’en pensent les économistes labélisés, c’est un fait objectif.

Trouver un bien qui demande plus de travail aujourd’hui qu’initialement relève de la mission impossible. Si vous y parvenez je serais curieux d’en prendre connaissance.

 

Pour ce qui est du prix, c’est bien différent.

Le prix est le montant monétaire contre lequel s’échange un « bien » , l’usage d’un « bien » ou un service.

Ici nous sommes dans le constat que le prix  relève largement du rapport de force et de la subjectivité :  c’est le meilleur moyen de masquer la violence des échanges inéquitables.

Pour les prix le seul domaine où la subjectivité trouve des limites c’est celui du marché mais du véritable marché, celui des marchandises au sens définies ici.

Aussi les producteurs n’ont de cesse de nous persuader que, l’objet qu’ils nous vendent n’est pas une marchandise, (ce qui limiterait quelque peu leur marge) mais autre chose. Quelque chose d’exceptionnel, pas unique tout de même, ce ne serait pas crédible, mais exceptionnel. Cet achat n’est pas interchangeable. Attention, série limitée, il n’y en aura pas pour tout le monde. Cet achat vous fait entrer dans un groupe fermé qui vous place au dessus des gens « ordinaires ».

Il suffit de voir ce qui motive les achats  « Apple »,  « Nike », « Lacoste »   etc… etc…

 

Les mécanismes de base de la « pub » sont tout entier contenus dans ceci :

– Vous faites une bonne affaire (prix réduits, un acheté un gratuit, la clim à 1 euro  etc etc )

et / ou

– Vous n’achetez pas une marchandise mais un objet qui vous place au dessus des gens « ordinaires ». C’est toute la problématique des « marques ». Ainsi vous n’achetez pas un vêtement mais un »Lacoste » ou un « tartempion ». Vous n’achetez pas un sac mais un « Vuitton ».

 

Ceci dit, la collectivité, sous la forme des « pouvoirs publics », peut largement intervenir dans le prix final d’un bien, que ce soit ou non une marchandise.

Le mode d’intervention permet de déterminer le degré social d’une société.
Pour les marchandises

Le mode d’intervention relève de trois niveaux:

1 – La non interdiction à la vente.

2 – Les normes et règlements. (par exemple garantie 10 ans pièce et main d’œuvre)

3 – Le taux de la TVA.

 

Pour les biens qui ne sont pas des marchandises

L’intervention se fait au cas par cas en fonction de buts clairement explicités, les modes d’intervention étant adaptés aux buts visés.

 

Quelques exemples pour illustrer le propos.

 

L’eau distribuée par les réseaux n’est pas une marchandise :

Le prix de l’eau pourrait être variable en fonction un volume consommé par personne. Le prix par mètre cube augmentant de plus en plus avec la consommation.

 

 Le logement n’est pas une marchandise

Entre la valeur d’un logement c’est à dire le temps de travail nécessaire à sa production, les sommes « récoltées » par le ou les propriétaires par les achats, ventes, reventes et loyers … les écarts sont très souvent considérables.

 Les logiciels

Pour ce qui est des logiciels « grand public ».

– Interdire la vente forcée façon Bill Gates : par exemple ordinateurs vendus avec système d’exploitation Windows.

– Participer au développement et à la popularisation des logiciels « open source ».

– Toute la fonction publique doit utiliser des systèmes non propriétaire.

J.A.


contrib Une Contribution pour Le Bilan.

Un commentaire

  • Merci pour cet article qui aborde un des sujets qui me tient le plus à cœur : la sémantique du langage médiatico-politique !
    Il est vrai qu’en temps de « paix », la manipulation de l’entendement demeure une arme puissante pour asservir les peuples …
    Et vous faites bien de nous inviter à revenir aux fondamentaux.
    Un seul point m’ennuie dans votre article : votre passage sur l’eau. Ce serait plus explicite si vous expliquiez ce qui est pratiqué dans la réalité, avant d’exposer votre alternative … financière.
    Et puis, une fois défini ce qu’est une marchandise, il faut décider de ce qui peut ou non entrer dans cette catégorie… d’un point de vue, non pas économique mais simplement humain : car à mon sens, l’eau n’est pas une marchandise. C’est un bien vital. L’air, l’eau, pour ne citer que ces deux « ressources » naturelles ne sont pas fruits de la production sociale ! Certes, ce sont les services entourant son usage (distribution, assainissement etc..) qui ont conduit à sa marchandisation. mais c’est bien parce que nous sommes dans une société qui place Mon Saigneur Pognon au dessus du droit à la liberté d’exister !
    Vous écrivez, à propos des « pouvoirs publics » : « Le mode d’intervention permet de déterminer le degré social d’une société ». Comment définir un degré social sans définir la société dont on parle, préalablement? Et un bien – comme l’eau – sera-t-il considéré comme une marchandise dans une société dont Mon Saigneur Pognon ne serait pas à la fois la trame, le moteur et l’objectif??
    Merci à vous de m’avoir permis de réfléchir un peu plus loin sur ce sujet….

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